lundi 5 janvier 2015

Hémisphères Cérébraux chez l'Enfant




Hémisphères droit et gauche


Les hémisphères cérébraux forment les parties les plus volumineuses du cerveau. Ils sont deux : un hémisphère droit et un hémisphère gauche.

En règle générale l’hémisphère droit du cerveau gère la partie gauche du corps et l’hémisphère gauche la partie droite du corps.

Il y a deux parties du cerveau qui permettent un lien cérébral entre les deux hémisphères: le cervelet et le corps calleux.

Le cervelet permet la coordination des mouvements de par son lien particulier qu’il offre entre les deux hémisphères. Il est situé à l’arrière du cerveau, en dessous des hémisphères.

Le corps calleux est situé entre les deux hémisphères qu’il lie grâce à des fibres nerveuses. C’est la commissure la plus importante car elle lie toutes les parties du cerveau, elle assure le transfert d'informations entre les deux hémisphères et leur coordination.

Chacun comprend les fonctions cérébrales gérant les perceptions et la motricité de la partie du corps située à l'opposé. Chaque hémisphère cérébral est entouré d'une substance grise, le cortex, et creusé par des canaux qui en délimitent les lobes. Les deux hémisphères cérébraux sont symétriques (mais pas parfaitement) et reliés entre eux par des fibres nerveuses qui constituent le corps calleux.

Ces deux cerveaux sont en interaction constante. Même si le cerveau fonctionne selon un mode préférentiel, il faut solliciter l’autre hémisphère. Les deux cerveaux ont besoin de collaborer. L’un et l’autre sont indispensables pour penser efficacement. Utiliser le double cerveau permet une meilleure compréhension, une meilleure mémorisation, autrement dit : permet d’exploiter pleinement son potentiel intellectuel en découvrant de nouvelles stratégies et de nouvelles ressources.

Pour que les deux hémisphères jouent pleinement leur rôle, il faut les solliciter. Les voies neuronales se créent par des pratiques répétées. Les voies les plus parcourues se consolident, les autres tendent à disparaître.


Les hémisphères ne sont pas parfaitement symétriques. Le langage en particulier, est principalement traité dans l’hémisphère gauche qu’on appelle alors hémisphère dominant (mais ce n’est pas systématique, car dans 3% des cas, le langage est traité par l’hémisphère droit). De nombreuses autres fonctions cognitives présentent une asymétrie cérébrale. Par exemple, les aptitudes visuo-spatiales (comme la rotation mentale) sont souvent mieux réalisées par l’hémisphère droit, de même la perception des visages semble davantage liée à l’hémisphère droit. A l’inverse, les processus impliqués dans la numération impliquent l’hémisphère gauche plus que le droit.

Chaque hémisphère est lui-même partagé en quatre aires appelées lobes, dans lesquels ces différentes fonctions sont gérées: le lobe frontal, le lobe pariétal, le lobe temporal et le lobe occipital. Les principales fonctions de chaque lobe sont les suivantes :

Les lobes frontaux : parole et langage, raisonnement, mémoire, prise de décision, personnalité, jugement, mouvements. Le lobe frontal droit gère les mouvements du côté gauche du corps, et inversement, le lobe frontal gauche gère les mouvements du côté droit.
Les lobes pariétaux : lecture, repérage dans l’espace, sensibilité. Là aussi, le lobe pariétal droit gère la sensibilité du côté gauche du corps et réciproquement.
Les lobes occipitaux : vision.
Les lobes temporaux : langage, mémoire, émotions.

D’une manière générale, l’hémisphère droit commande le côté gauche du corps et inversement. Cependant, la répartition des fonctions à l’intérieur des lobes n’est pas totalement figée. Certaines fonctions sont gérées dans des zones différentes selon les personnes. Ainsi, la zone du langage est généralement située dans le lobe temporal gauche chez les droitiers, alors qu’elle peut être située des deux côtés chez les gauchers.

Les hémisphères droit et gauche se sont différenciés pour effectuer des activités intégratives distinctes. Le corps calleux est la structure cérébrale inter-hémisphères, constituée de millions de fibres myélinisées. Il permet aux messages nerveux de passer très rapidement d'un hémisphère à l'autre. Les informations sont alors associées pour constituer un ensemble cohérent.

Hémisphère gauche


Le cerveau gauche est analytique, logique, mathématique, séquentiel. Il fonctionne de préférence à partir du détail, il s'en sert pour aller vers la complexité. Il gère le temps, les savoir faire, les procédures. C'est le siège préférentiel du langage. Il est rationnel.

Fonctions

* compréhension du langage parlé ;
* raisonnement logique ;
* motricité de la partie droite du corps.

Hémisphère Droit


Le cerveau droit est analogique, empirique, intuitif. Il fonctionne plutôt sur la globalité, l'expérience et l'erreur, la déduction. Il est plus irrationnel et du domaine émotionnel. Chaque information nouvelle passe par lui.

Siège de la conscience auditive et visuelle, de la créativité et de l’orientation spatio-temporelle, de l’intuition, des aspects émotionnels du langage ainsi que du traitement des informations sensorielles entrantes.

Il gère l’espace, l’intelligence globale, le sens artistique. C'est le siège préférentiel du traitement de l'image et de la communication non verbale.

La perception et la compréhension de la musique sont une des facultés spécifiques de l’hémisphère droit. Pour avoir une audition d’ensemble, pour que les notes assemblées deviennent une mélodie il faut la puissance de synthèse de l’hémisphère droit.

Il participe à la construction de classes logiques et intervient de façon importante dans la formation des concepts et perçoit la réalité dans son ensemble de façon directe, sans interprétation.

Fonctions

* perception de la musique ;
* perception émotionnelle ;
* contrôle visuo-spatial ;
* motricité de la partie gauche du corps.

Les émotions, qui sont en rapport avec les structures sous corticales du système nerveux, communiquent avec les deux hémisphères qui les font monter à la conscience. Selon leur contenu, elles peuvent passer par le cerveau gauche ou le cerveau droit. Les émotions qui transitent par l’hémisphère droit peuvent provoquer des réponses avant même d’avoir été verbalisées. C’est ainsi que dans les relations interpersonnelles, tandis que l’on écoute ou que l’on parle, le corps adopte des attitudes de réponse directes et interactives à l’attitude de l’autre, sans que cela passe par le conscient.


Développement cérébral de l’enfant

À la naissance, les connexions du cerveau du bébé ne sont pas encore bien établies. Encore malléables, elles peuvent être modifiées ou créées en fonction de ce qui se passe autour de lui. Ce sont les expériences quotidiennes, comme le jeu, la lecture, l’apprentissage, les interactions et la réaction des gens, qui favorisent le développement du cerveau du bébé.

La qualité de ces connexions et du développement du cerveau de l’enfant, aura un effet sur sa capacité d’acquérir le langage et de résoudre des problèmes, ainsi que sur sa réussite scolaire. Plus tard, ce développement pourra influencer sa santé physique et affective et ses relations avec les autres.

L’influence de l’environnement


Même les nourrissons peuvent vivre du stress lorsque leur milieu de vie ou de jeu est effrayant ou qu’ils ne s’y sentent pas en sécurité. Le stress toxique, beaucoup plus grave que le stress temporaire vécu au quotidien, peut être causé par des problèmes à long terme, comme les conflits familiaux graves, la pauvreté, la maltraitance, la négligence, l’exposition à la violence, l’abus de drogues ou d’alcool par un parent ou la présence d’une maladie mentale non traitée chez un parent. Ce stress toxique nuit au développement du cerveau du bébé. Il peut entraîner des problèmes physiques et affectifs et des difficultés d’apprentissage qui apparaissent à l’enfance et peuvent persister jusqu’à l’âge adulte.

Les relations sont essentielles. Des relations chaleureuses, constantes et positives favorisent le développement du cerveau du bébé et le protègent des effets négatifs du stress.

L’importance de la marche à quatre pattes


Le cerveau a besoin de stimulation des cinq sens pour se développer. Les stimulations vestibulaire, tactile et kinesthésique sont particulièrement importantes. Le mouvement stimule la croissance et l’établissement des connexions entre les cellules nerveuses et vers le néocortex où l’intégration a lieu.

Le développement de l’enfant suit un patron prédéterminé. Chaque acquisition motrice a un rôle important pour les étapes suivantes. Cette séquence permet le développement de la coordination, de l’équilibre et surtout de l’établissement de connexions importantes entre les différentes aires du cerveau.

Le cervelet permet la fluidité et la coordination des mouvements. De cette partie du cerveau partent plusieurs connexions nerveuses vers la région du jugement et de l’attention, de l’intégration des mouvements ainsi que vers les centres de la parole. Le cervelet devient mature vers l’âge de 6 mois. Le bébé doit apprendre à coordonner les signaux des cinq sens de manière à comprendre la relation entre son corps et son environnement.

Les réflexes primitifs sont les mouvements que font les nouveau-nés. Ils seront transformés en réflexes posturaux qui se maintiendront la vie durant. Ils apparaissent in utero vers 5 semaines et ils seraient responsables des premières réponses motrices de survie. Les réflexes primitifs sont progressivement inhibés vers 4 mois pour laisser place aux réflexes posturaux. Ceux-ci sont nécessaires pour la stabilité et le maintien par rapport à la gravité.

Il est important de laisser le bébé au sol de manière à lui permettre de :

* Développer les patrons moteurs (se tourner, s’asseoir, se lever, se déplacer)
* Contrôler la gravité
* Pratiquer l’équilibre et la stabilité
* Intégrer les réflexes primitifs

L’enfant utilise les deux côtés  gauche et droite  de son corps qu’il doit apprendre à coordonner avec les deux hémisphères  gauche et droit  de son cerveau.

Ce mode de dépla­cement stimule­ le cerveau du bébé en plein déve­lop­pement. Le 4 pattes change aussi la façon dont l’enfant interagit avec le monde. Il va prendre des points de vue différents sur les objets qu’il rencontre­, ce qui le changera des objets que ses parents lui donnent toujours de la même manière.

La locomotion a un effet avéré sur un ensemble d’activités cognitives : codage de l’objet, codage de l’espace, mémoire des actions, développement des sens, des émotions. La préhension aussi se met en place. En allant chercher des petits objets, l’enfant développera la «pince», l’adaptation de la main aux différentes tailles de l’objet.

Les enfants qui ont pratiqué le 4 pattes ont en général plus de vocabulaire à l’âge de deux ans : des mots d’interdiction (comme « non », « ne fais pas », « chaud », « attends ») et des mots de description de l’environnement.

Sauter l'étape du 4 pattes n'est pas un signe de précocité, comme le pensent nombre de parents, mais pourrait au contraire participer à des retards d'apprentissage de la lecture.

La position à 4 pattes nécessite un regard allant de haut en bas, lequel développe les mouvements de flexion-extension de la tête. Sans cette étape, la colonne cervicale sera moins souple et l'adaptation visuelle en sera modifiée. L'enfant aura ultérieurement du mal à adopter la position habituelle de lecture d'un livre et moins de facilité à apprendre et à aimer lire.

Les experts croient que le développement moteur et le développement cognitif sont intimement liés. L l'apparition de nouvelles habiletés motrices offre au tout-petit des opportunités de découvrir le monde et de pratiquer la communication. Les scientifiques ont d'ailleurs remarqué que les étapes du développement du langage sont synchronisées sur celui du mouvement.

La marche à quatre pattes crée de nouvelles connexions nerveuses dans le cerveau pour remplacer celles plus primitives qui étaient, jusque là, responsables des réflexes. Le bébé apprend également à balayer l'horizon du regard, ce qui contribuerait à améliorer sa vision latérale à grand angle. Marcher à quatre pattes favoriserait aussi une meilleure coordination et permettrait au côté gauche et au côté droit de travailler ensemble.

Le mouvement au sol est essentiel pour le développement moteur, mais également pour celui du langage, de la dextérité manuelle, du toucher, de l'audition et de la vision. Ceux-ci feraient même une association entre cette stratégie pour se déplacer et l'apprentissage de la lecture.

Lors de la pratique de 4 pattes, le bébé utilise à la fois la partie droite et la partie gauche de son cerveau, lui permettant de coordonner son activité motrice. Ses membres opposés travaillent en même temps, le sens de l’équilibre se met en place.

Conseils pour encourager le bébé à marcher à quatre pattes


* Placez des jouets ou des objets intéressants devant lui, hors de sa portée.
* Jouez à cache-cache derrière une chaise pour l'inciter à venir vers vous.
* Faites une piste à obstacles en plaçant des oreillers, des couvertures et des jouets que votre enfant pourra enjamber. Placez votre bébé au début de la piste et placez-vous à la fin, puis en l'appelant, encouragez-le à venir vers vous.


La musique sert de pont entre les deux hémisphères de l’enfant

La musique transforme littéralement le cerveau des enfants car elle joue un rôle crucial dans le processus de câblage neuronal. L’écoute d’une musique hautement organisée (c’est le cas de celle de Mozart) consolide, en les sollicitant, les connexions entre neurones également employés dans les tâches spacio-temporelles (abstraction en mathématiques, par exemple).

De la même façon, les systèmes que le cerveau utilise pour traiter la musique sont identiques, ou fondamentalement imbriqués, dans les systèmes utilisés pour la perception, la mémoire et le langage.

Le cerveau des adultes musiciens présente un corps calleux plus développé. Ce corps sert de «pont» entre les deux hémisphères, d’où une plus grande performance dans les domaines qui requièrent les deux hémisphères.

De nombreuses recherches montrent que l’apprentissage de la musique a des vertus cognitives, qu’il améliore la mémoire de travail, la capacité à discerner des différences de sons minimes, et l’attention sélective.

La musique stimule le cerveau pendant la grossesse


Une étude finlandaise publiée sur le site Plos One révélait que faire écouter de la musique au fœtus l’aidait à développer son cerveau et sa mémoire et qu’une sensibilisation prénatale du fœtus à la musique stimulait son développement cérébral et sa mémoire durable.

Jouer d’un instrument influe sur la plasticité et les performances cérébrales


Le Dr Gottfried Schlaug  musicologue, expert en neuro-imagerie et plasticité cérébrale – de la Harvard Medical School et ses collègues Marie Forgeard y Ellen Winner, du Boston College, ont présenté une étude lors du congrès annuel de la Society of Neuroscience, en abril 2008.

L’apprentissage de la musique pourrait favoriser la plasticité cérébrale et s’avérer utile pour traiter certains problèmes d’apprentissage, selon les chercheurs.

Jouer d’un instrument de musique est une expérience multi-sensorielle et motrice qui créé des émotions et du mouvement. Cela génère du plaisir et implique les systèmes de récompense du cerveau. D’où une modification potentielle du fonctionnement et la structure du cerveau lorsque la pratique de la musique s’étale sur une longue période.

Ces nouvelles données montrent que la pratique intense de la musique génère de nouveaux processus cérébraux, à différentes étapes de la vie, et avec une série d’effets sur la créativité, la cognition et l’apprentissage.

Commencer les leçons de musique avant 7 ans


Yunxin Wang et collaborateurs de Slate Key Laboratory of Cognitive Neuroscience and Learning à Beijing ont montré que l’apprentissage de la musique à un âge précoce pourrait développer certaines régions du cerveau, notamment les aires du langage et des fonctions exécutives.

Les chercheurs ont analysé les effets de la pratique de la musique sur la structure du cerveau chez 48 adultes chinois (de l’ethnie han) âgés de 19 à 21 ans. Tous avaient reçus des leçons de musique formelles pendant au moins un an entre l’âge de 3 et 15 ans.

Ils ont observé que les volumes des aires cérébrales associées à l’écoute et à l’auto-apprentissage étaient plus importants chez ceux qui avaient commencé la musique avant 7 ans. L’âge auquel était débutée l’activité musicale était associé à des changements structuraux au niveau cérébral dans des régions liées à différentes fonctions cognitives, comme celle du langage (gyrus lingual) et de la capacité auditive (gyrus temporal supérieur).

L’apprentissage précoce de la musique ne rend pas seulement les enfants plus réceptifs au plaisir d’écouter de la musique, cela change aussi leur cerveau et ces changements pourraient augmenter leurs capacités cognitives.

L’influence de la musique sur le déclin cognitif


Selon une étude de l'Université Northwestern, publiée dans le Journal of Neuroscience, pratiquer la musique pendant l’enfance permet de ralentir le déclin cognitif à l’âge adulte. Des personnes âgées qui ont suivi des cours de musique pendant leur enfance sont plus alertes et rapides que celles qui ne l’ont jamais pratiquée. Ces conclusions ont été établies même si les personnes avaient arrêté de pratiquer depuis longtemps.

Les chercheurs  pour déterminer si pratiquer de la musique pendant l’enfance permettait de mieux interpréter les informations sonores à l’âge adulte  ont analysé le cerveau de 44 adultes âgés de 55 à 76 ans en bonne santé.

L’équipe a mesuré l’activité électrique dans le tronc cérébral, la partie du cerveau qui gère les données sonores sensorielles et cognitives.

Plus les participants ont pratiqué la musique durant leur enfance, plus leur cerveau répond vite à une série de sons. Même les bénévoles ayant joué de la musique de 4 à 14 ans, mais pas pratiqué depuis 40 ans, répondent plus vite et d’environ d’un millième de seconde à la parole. Un écart qui peut sembler minime mais qui fait la différence dans le fonctionnement du cerveau, hypersensible à la synchronisation.

Les scientifiques signalent l’importance de la stimulation cérébrale à tout âge et rappellent que les enfants des milieux défavorisés sont, en moyenne, sous-exposés à des environnements linguistiques et cognitifs stimulants et surexposés à la pollution sonore et appellent à développer des initiatives d’initiation artistique pour ces enfants.


Parler au bébé comme à un adulte stimule son intellect


Selon une équipe de chercheurs américains parler aux bébés comme à des adultes, en utilisant une syntaxe et un vocabulaire complexes, permet à leur cerveau de mieux se développer et leur servira à mieux apprendre tout au long de leur vie. Certes, lorsqu'un parent porte sa voix dans les aigus ou chantonne, il attire l'attention de son bébé, mais pour qu'il apprenne, il est préférable de lui parler comme à un adulte.

Lors de la conférence annuelle de la Société américaine pour le progrès de la science (AAAS), à Chicago en février 2014, Erika Hoff, psychologue à l'université Florida Atlantic a expliqué qu’il ne s'agit pas seulement d'emmagasiner du vocabulaire, il faut aussi que ce vocabulaire soit de qualité. La parole des parents doit être riche et complexe.

Parler aux bébés revêt une importance telle que les enfants issus de milieux où la parole est moins élaborée sont en général moins bons en classe. Et ces différences sont aussi visibles dans les structures cérébrales des enfants, selon Kimberly Noble, neurologue et pédiatre à l'université Columbia  de New York.

Le Dr. Noble et ses collègues ont comparé les cerveaux d'enfants défavorisés et ceux d'enfants dont les parents ont fait des études supérieures et ont un niveau de vie élevé. Ils ont trouvé des disparités entre les systèmes cognitifs qui dirigent la sociabilité et la mémoire, mais les différences les plus flagrantes concernaient la partie du cerveau qui conditionne le développement de la parole. En vieillissant, les enfants issus de milieux favorisés consacrent une plus grande partie de leur cerveau à ces régions.

Selon Anne Fernald, psychologue à l'université Stanford, les parents ne devraient pas douter de faire des phrases plus longues et descriptives, en associant les mots et son contexte. L'intelligence est construite à travers du langage. Cela forme les réseaux de sens qui vont ensuite aider l'enfant à apprendre des nouveaux mots. Si l'enfant comprend déjà l'un des mots d'une phrase, le contexte peut lui permettre de comprendre la signification des autres.


Les hémisphères et l’apprentissage scolaire

L’apprentissage de la lecture active une région spécifique, mais il mobilise et active aussi d’autres zones. Il développe ainsi ce qu’on nomme les aires visuelles précoces, celles qui réagissent le plus vite quand on voit quelque chose. La pratique de la lecture active aussi d’autres zones correspondant au langage parlé, qui s’en trouve amélioré, parce qu’avec la lecture les sons parlés sont  mieux codés.

La zone de la lecture recycle un algorithme préexistant, celui de la reconnaissance des visages: au scanner, on voit nettement la même zone s’activer. D’une reconnaissance des visages elle passe à une reconnaissance des lettres et des mots.

Dans les premiers mois où un enfant apprend à écrire, il fait une erreur consistant à écrire des lettres voire des mots à l’envers de façon indiscriminée. Cette erreur est naturelle: elle découle d’un phénomène cérébro-oculaire, l’invariance gauche-droite. Cette invariance de la vision stéréoscopique, qui joue un rôle dans la reconnaissance des visages, va s’exprimer le temps d’être «désapprise», parce que l’apprentissage de la lecture recycle la zone en charge de la reconnaissance faciale.

La lecture, sollicite toujours une petite zone de l’hémisphère gauche  la «boîte aux lettres». Cette zone très précise est mobilisée quelle que soit la culture du sujet, même si certaines écritures, comme le chinois, mobilisent aussi un peu l’hémisphère droit. Mais cette «boîte aux lettres» n’est repérable que chez les sujets ayant appris à lire. On a récemment pu scanner par IRM des illettrés complets, à qui l’on présentait des mots écrits, et la zone en question n’a manifesté qu’une activité minimale. En revanche, les ex-illetrés vont activer exactement la même zone que ceux qui ont appris à lire dans l’enfance.


Comment fonctionnent les hémisphères cérébraux

En essayant de lire le texte suivant:

LE POVUOIR PHOÉMANÉNL DU CRVEEAU HUAMIN.
SOELN UNE RCHEERCHE FIATE À L'UNIEVRISTÉ DE CMABRIDGE,
IL N'Y A PAS D'IROMTPANCE SUR L'ODRRE DANS LUQEEL LES LERTTES SNOT.
LA SUELE COHSE IMOTPRANTE EST QUE LA PIREMÈRE ET LA DERÈNIRE LETRTE DU MOT SIOT À LA BNONE PALCE.
LA RAOISN EST QUE LE CEVERAU HMAUIN NE LIT PAS LES MTOS PAR LETRTE MIAS PTUÔLT CMOME UN TUOT.

Dans la lecture de ces mots désordonnés, l'hémisphère gauche interprète les lettres et lit comme ils sont, mais l'hémisphère droit reconnaît les mots comme un tout, comme une image, afin d'empêcher que le désordre dans les lettres entrave la lecture. Les enfants apprennent le mot écrit comme un tout, de la même façon qu’ils apprennent le mot parlé sans distinguer le nombre de lettres ou combien de sons se combinent pour le prononcer. C'est pourquoi le moment pendant lequel l'enfant apprend à parler est le moment adéquat pour apprendre aussi à lire.

Les 5 premières années sont déterminantes pour le développement du cerveau de l’enfant. L’affection et les apprentissages qu’il reçoit en début de vie le guideront et l’aideront tout au long de son développement.





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