lundi 17 novembre 2014

Obésité Infantile




Surpoids et Obésité infantile



L’obésité des enfants constitue l’un des plus grands défis pour la santé publique au 21e siècle. Il s’agit d’un problème mondial qui affecte de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, en particulier en milieu urbain.

L'obésité est devenue la première maladie non infectieuse de l'Histoire. C'est une véritable épidémie qui frappe aussi bien les pays industrialisés que les pays en voie de développement. L'Organisation Mondiale de la Santé place actuellement sa prévention et sa prise en charge comme une priorité dans le domaine de la pathologie nutritionnelle.

Près de 43 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en surpoids ou sont obèses. Tous sont exposés à un marketing intensif de produits trop riches en graisse, en sucre ou en sel.

L'obésité ne fait pas que toucher l'apparence des enfants; elle a des conséquences graves sur leur santé et leur bien-être. Les gens qui sont obèses sont plus susceptibles de souffrir de problèmes de santé. Le surpoids et l'obésité sont également associés à des problèmes psychosociaux comme la piètre estime de soi et la dépression.

Les principales causes de l'augmentation de l'obésité infantile se trouvent dans un changement de régime alimentaire avec une consommation accrue d'aliments énergétiques riches en graisses et en sucres mais pauvres en vitamines, minéraux et autres micro-nutriments sains, et une tendance à la diminution de l'activité physique.


Surpoids et obésité

Définition. Le surpoids et l’obésité sont définis comme une accumulation anormale ou excessive de graisse qui présente un risque pour la santé.

Mesurer le surpoids et l’obésité

L'obésité est définie par un Indice de Masse Corporelle (IMC) ou Body Mass Index (BMI). L'IMC est calculé en divisant le poids de la personne par le carré de sa taille (Kg / m2). Si cet indice est supérieur ou égal à 30, l'individu est considéré comme obèse.

Il est difficile d’élaborer un indice simple qui permette de mesurer le surpoids et l’obésité chez les enfants et les adolescents car leur organisme subit un certain nombre de changements physiologiques en cours de croissance.

Chez l'enfant qui grandit, les choses sont plus compliquées. Pour faciliter le diagnostic, on a créé les courbes de corpulence: elles permettent de comparer l'IMC d’un enfant petit à celui d'enfants du même âge et du même sexe.

Pratique : On peut télécharger les courbes de corpulence sur le site de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) ici.


Les causes de l'obésité de l'enfant

Chez l'enfant comme chez l'adulte, le développement de l'obésité résulte d'un bilan énergétique positif prolongé (les apports caloriques ou énergétiques sont supérieurs aux dépenses). Les raisons en sont multiples et intriquées, sous la dépendance d'influences complexes d'ordre nutritionnelles, génétiques, métaboliques, psychologiques et sociales.


La nutrition joue un rôle important sur le déroulement de la croissance. La disponibilité en abondance d'aliments attrayants, riches en lipides et en sucres rapides, l'ennui, des problèmes affectifs et/ou scolaires vont amener un enfant à rechercher dans la nourriture une compensation, pouvant entraîner un déséquilibre prolongé entre apports et dépenses, et le développement d'une surcharge pondérale.

L’obésité de l’enfant est associée à un risque accru de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte.



Plusieurs facteurs permettent d'expliquer l'obésité


Les facteurs génétiques

Ils ont un rôle indéniable mais ne sont pas les seuls responsables. Un petit nombre de gènes aurait un impact important sur la corpulence et le pourcentage ou la distribution régionale de la masse grasse.

Les enfants en surpoids âgés d'une dizaine d'années ayant au moins un parent obèse ont un risque de 80 % de devenir obèses à l'âge adulte contre 10 % de risque si les deux parents sont maigres.

Les facteurs endocrinologiques

Dérèglements hormonaux, glandulaires.

Les facteurs médicaux

Dans le cas de la plupart des maladies non transmissibles provoquées par l’obésité, les risques dépendent en partie de l’âge auquel l’obésité est apparue et de sa durée.

L'obésité est un facteur de risque majeur associé aux maladies suivantes :

* Hypertension artérielle
* Diabète non insulino-dépendant de type II
* Maladies cardiaques (surtout cardiopathies et accidents vasculaires cérébraux)
* Risques plus importants pour certains types de cancer (de l’endomètre, du sein et du colon).
* Niveaux accrus de cholestérol et d'insuline
* Apnée obstructive du sommeil
* Arthrose
* Infertilité
* Insuffisance veineuse
* Reflux gastro-oesophagien
* Incontinence urinaire
* Crises d'asthme
* Défaillance sur le plan de la tolérance au glucose
* Problèmes sur le plan des os et des articulations
* Stéatose hépatique non liée à l’alcool
* Problèmes rénaux
* Syndrome des ovaires polykystiques.

Les facteurs environnementaux et les modifications comportementales

La malbouffe. Avec une alimentation trop riche (nourriture à haute teneur en graisses). Les populations occidentales ont tendance à consommer moins de calories et moins de graisses alors qu'elles grossissent régulièrement. Cela s'explique par un changement du style de vie qui devient de plus en plus sédentaire.

Manque d'activité physique. Il existe un réel déséquilibre entre l'alimentation ingurgitée et celle dépensée.

L'environnement agit très précocement et joue un rôle décisif dans la survenue de l'obésité infantile. Repérer très tôt les facteurs susceptibles de favoriser un excès pondéral permet une prévention adaptée et efficace.

Les enfants sont particulièrement vulnérables à leur environnement car ils ont moins de contrôle sur ce dernier. Ils ont peu de contrôle sur leur façon de se déplacer et sur ce qu'on leur donne à manger. Les enfants ont souvent les mêmes habitudes alimentaires que leurs parents ainsi que les mêmes habitudes sur le plan de l'activité physique  c’est l'une des raisons pour laquelle l'obésité et les problèmes liés à l'obésité semblent héréditaires.

Le problème avec les enfants, encore plus que les adultes, c'est qu'ils ne savent pas mesurer les qualités nutritionnelles des aliments qu'ils consomment, ni même la manière dont ils les consomment. Dès qu'ils sont en âge d'ouvrir le placard de la cuisine et de saisir seul un paquet de gâteaux au chocolat, le risque d'une alimentation non contrôlée et parfois totalement anarchique est très souvent source de surpoids.

En grandissant, c'est fréquemment le scénario suivant: grignotage en dehors des repas et devant la télévision ou l'ordinateur (pour les plus grands), vie sédentaire avec son cortège de conforts modernes, l'ascenseur au lieu des escaliers, la voiture au lieu de la marche à pied… Et voilà l’enfant sur la pente dangereuse de l'obésité.

Il y a d'autres facteurs environnementaux qui entrent en jeu également. Des preuves grandissantes semblent indiquer que l'environnement dans l'utérus aide à programmer le métabolisme d'un enfant. L'exposition au diabète gestationnel et l'obésité maternelle, un poids élevé à la naissance, et un retard de croissance intra-utérin qui est suivi d’une croissance de rattrapage rapide sont tous associés à l'obésité plus tard dans la vie. Par contraste, l'allaitement au cours de l'enfance pourrait réduire les risques d'obésité. C’est également le cas d'autres pratiques de santé, comme de dormir suffisamment et de manger lorsque l’appétit le dicte.


À qui s'adresser en cas de surpoids ?

Le médecin traitant. Généralistes et pédiatres sont de plus en plus sensibilisés à la surveillance de l'obésité.
Les médecins psychologues et infirmières scolaires. Ils peuvent aider eux aussi à revoir les comportements alimentaires à la maison et le mode de vie de l’enfant.
Les services PMI (Protection maternelle & infantile). Ils sont particulièrement utiles pour les familles à revenus modestes, les premières touchées par l'obésité.

Lorsque le médecin évalue un enfant, il doit s'assurer qu'il ne souffre pas d’un autre problème, comme un trouble génétique, une maladie endocrinienne ou des dommages neurologiques. De nombreux médicaments, comme les stéroïdes et les antidépresseurs, peuvent également contribuer à la prise de poids et rendre la perte de poids plus difficile.


Investigation


L’exposition à la publicité est plus nocive que la sédentarité

Dans une étude publiée dans la revue Appetite en juin 2013, les équipes de Kristen Harrison de l’université du Michigan ont testé les notoriétés de certains aliments auprès d’enfants puis ont rapproché ces données de leur IMC (Indice de masse corporelle).

Les auteurs ont interrogé une centaine de parents sur leurs habitudes alimentaires, mais aussi télévisuelles. Ils ont également interrogé des enfants consommateurs de programmes entrecoupés de pubs. Pour ceux qui avaient accès à leur guise au réfrigérateur et aux placards, leur perception d’un repas sain apparaît faussée. Pour eux en effet, hamburgers, frites et autres gâteaux constituent les bases d’une alimentation saine et équilibrée.

Plus un enfant est familier avec les logos et les marques de restaurants fast-food, de sodas et autre junk food plus l'enfant est susceptible d'être en surpoids ou obèses. Donc plus il aura tendance à être obèse à l’âge adulte.

Parce que les enfants reçoivent la plupart des messages alimentaires via la télévision, ils combinent simultanément sédentarité liée au temps passé devant l’écran et incitations à consommer ces d'aliments malsains. Ainsi, c’est dès l’âge de 3 ans que les enfants développeraient leurs préférences alimentaires… sous influence.


Réduire le temps passé devant l'écran permet de diminuer le surpoids chez des enfants de 4 à 7 ans

Une étude de l'université de l'État de New York publiée en juin 2014 dans les Archives de pédiatrie (qui dépendent du Journal of the American Medical Association) sur des moins de 7 ans démontre qu'il est possible réduire le temps passé devant la télévision ou les jeux vidéo grâce à un appareil de surveillance qui limite l'accès à l'écran.

La télévision, les jeux vidéo, la prise fréquente de boissons sucrées et d'aliments hypercaloriques sont les grands pourvoyeurs de surpoids, voire d'obésité chez l'enfant.

Leonard Epstein et son équipe de Buffalo, ont mené une expérimentation durant deux ans sur 70 enfants de 4 à 7 ans déjà en surpoids qui «consommaient» de la télévision ou se plongeaient dans un jeu vidéo au moins 14 heures par semaine à la maison. Ils ont proposé à leur famille de mettre en place un appareil de surveillance destiné à réduire l'accès à l'écran avec un code d'accès électronique pour chaque personne du foyer. Les chercheurs ont séparé les enfants en deux groupes, l'un sans aucune limite, l'autre avec une diminution progressive de l'exposition, leur code d'accès leur interdisant de la dépasser.

Chaque semaine, dans le second groupe, le temps autorisé était réduit de 10% pour finalement obtenir une baisse de moitié des heures passées assis ou couché devant l'écran, assortie d'encouragements pour s'y plier sans rechigner (contrat d'objectif voire petites récompenses financières). À l'issue de ces deux ans de suivi, les enfants ont réussi à réduire leur temps passé devant l'écran de 17,5 heures par semaine contre seulement 5,2 heures de réduction pour le groupe contrôle. Et dans le même temps l'indice de masse corporelle a considérablement chuté contrairement à celui des gavés d'écran. Des changements imputables plus à une diminution des apports énergétiques qu'à une augmentation de l'activité physique.


Le manque de sommeil et l'obésité infantile

Une étude menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital, dépendant de la Harvard Medical School, publiée en mai 2014 dans la revue Pediatrics, révèle que les enfants qui, à la petite enfance, dorment moins que le nombre d’heures recommandées voient leur adiposité globale ou graisse corporelle augmenter dès l’âge de 7 ans, Ces conclusions apportent des preuves convaincantes sur le lien entre un sommeil insuffisant et l'obésité infantile et cela quelle que soit la période de la petite enfance, mais montre également, sur plus de 1.000 enfants, qu'un enfant sur 3 environ, ne dort pas suffisamment.

Un sommeil insuffisant a été défini comme moins de 12 heures par jour pour les âges de 6 mois à 2 ans, moins de 10 heures par jour pour 3 à 4 ans et moins de 9 heures par jour pour 5 à 7 ans.

Les auteurs rappellent qu’un sommeil suffisant et de qualité chez l’enfant repose sur des heures de coucher régulières, l’absence de consommation de boissons excitantes et d’écrans de tous types dans la chambre. Ils rappellent également l’importance d’un bon sommeil pour la vigilance à l'école, l'humeur et la qualité de vie.

En effet, le manque de sommeil est aujourd’hui un facteur de risque avéré d’obésité et de trouble métabolique.


Chez le bébé l'équilibre nutritionnel passe par le sommeil

Une étude menée par des chercheurs de l’University College London, publiée en mars 2014 dans l’International Journal of Obesity, conclut que moins de sommeil implique un besoin accru d’énergie.

Dès l’âge d’un an environ, la durée de sommeil est déjà associée à l’apport nutritionnel. C'est pourquoi, les très jeunes enfants qui dorment moins mangent plus, avec pour conséquence un risque accru d'obésité plus tard dans la vie. Les conclusions évaluent ainsi à 10%, le taux de l’augmentation de l’apport calorique liée au manque de sommeil chez le petit enfant. Un apport qui, même s'il compense à court terme une dépense supplémentaire d'énergie, prédispose déjà à de mauvaises habitudes nutritionnelles.

Le manque de sommeil contribue au gain de poids durant la petite enfance, très probablement en bousculant la régulation des hormones de l'appétit.

Le sommeil des parents conditionne aussi celui des enfants

Une étude de l’Université de l'Illinois, publiée en avril 2014 dans la revue Frontiers in Psychology, conclut que les parents comme les enfants doivent dormir suffisamment pour réduire le risque d’obésité infantile.

L’auteur, Barbara H. Fiese, démontre que  le sommeil des parents conditionne aussi celui des enfants, et le risque de surpoids de l’enfant. Donner l’exemple d’un bonne routine de sommeil, tout comme de bonnes habitudes alimentaires ou de pratique de l’exercice, fait partie d’une bonne éducation de santé. Elle remarque que le défi est difficile à tenir, avec de petits enfants, et la possibilité de ne trouver le sommeil qu’une fois les enfants endormis.

L’étude a rapproché les données socio-économiques, de routines familiales (sommeil, alimentation), de prévalence de l'obésité ou du surpoids pour 337 enfants d'âge préscolaire et leurs parents.

4 routines ont été évaluées chez les enfants :
* un sommeil suffisant (10 heures ou plus par nuit),
* une routine de repas familiaux,
* la limitation du temps d'écran <2 heures par jour
* pas de télévision de la chambre.

Le sommeil de l’enfant, premier facteur de protection contre le surpoids. Le seul facteur de protection majeur contre l'obésité ou de surpoids chez les enfants identifié dans l’étude est une durée de sommeil suffisante. Les enfants en manque de sommeil présentent un risque accru de surpoids versus les enfants qui respectent au moins 3 des routines.

Le sommeil des parents, premier facteur de sommeil des enfants. Les chercheurs constatent que le nombre d'heures de sommeil des parents est lié à la quantité de sommeil des enfants. La routine familiale de sommeil est globalement en cause dans le risque de surpoids des enfants.

Le manque de sommeil touche l’enfant, quel que soit son âge, ce n'est pas seulement un problème pour les enfants d'âge préscolaire, mais aussi pour les enfants en primaire et les élèves du secondaire dont le cerveau est encore en développement.

Trois principes, bien manger, bien jouer, et bien dormir. Une bonne nutrition, assez d'exercice et un sommeil suffisant protègent toute la famille. Débrancher une demi-heure avant d’aller se coucher, c’est un bon principe pour les parents, comme pour les enfants. Les adultes doivent suivre une routine apaisante eux-mêmes, éteindre leurs tablettes et s'engager dans un rituel apaisant. L'exposition des enfants à la télévision et aux écrans doit être limitée à 2 heures par jour et désactivée également une demi-heure avant le coucher, pour entrer dans une routine prévisible pour l’enfant et le temps de sommeil recommandé est de 10 heures par nuit, pour le petit enfant.


L’obésité ralentit les réflexes du cortex

Des chercheurs de l’Université de l'Illinois dans une étude, publiée en avril 2014 dans la revue Cerebral Cortex, révèlent un lien entre l'obésité de l'enfant et sa fonction cognitive, en montrant que les réponses cérébrales et comportementales d’enfants atteints d’obésité sont ralenties.

L’étude a examiné la relation entre l'obésité et le contrôle cognitif à partir de mesures neuro-électriques et comportementales de 74 enfants préadolescents, dont la moitié étaient obèses et la moitié de poids normal. Les enfants devaient indiquer la direction de bancs de poissons animés sur un écran, certains poissons allant ou non dans la même direction que le groupe principal.

Les chercheurs constatent non seulement que les enfants atteints d’obésité sont considérablement plus lents à réagir aux mouvements des poissons mais aussi que les enfants de poids normal sont plus aptes à rectifier leur comportement pour éviter de reproduire leurs erreurs. Les enfants de poids normal se révèlent plus précis dans l’accomplissement de la tâche, avec un meilleur contrôle de l'exécutif.

Des résultats qui suggèrent ainsi que l'obésité est associée à une diminution du contrôle cognitif, via l’activité dans le cortex préfrontal et le cortex cingulaire antérieur, 2 zones impliquées dans le contrôle de l'action. Des résultats qui ont aussi des implications concrètes dans le parcours scolaire des enfants: Une tâche de contrôle de l'exécutif (action) nécessite de l'organisation, de la planification et de l'inhibition, des processus cognitifs également nécessaires pour réussir en mathématiques et en lecture, donc importants pour la réussite scolaire puis professionnelle.


Obésité infantile et QI

Des recherches récentes ont montré que l’obésité peut réduire les capacités intellectuelles des enfants et affecter leurs résultats scolaires en orthographe et en mathématiques notamment.

Des chercheurs de l’Université de New York et de l’Institut de Recherche en Psychiatrie Nathan Kline ont comparé en septembre 2012, les performances intellectuelles de 49 adolescents souffrant du syndrome métabolique avec un groupe témoin de 62 adolescents en bonne santé.

Le syndrome métabolique est caractérisé par une combinaison de pathologies: tension artérielle et glycémie trop élevés, excès de graisse abdominale (obésité viscérale), taux de cholestérol anormaux et résistance à l’insuline. Le syndrome métabolique constitue les prémices du diabète de type 2.

Les résultats de leur étude montrent que les performances intellectuelles des enfants touchés par ce syndrome sont réduites dans les domaines suivants: mathématiques, orthographe, niveau d’attention et durée d’attention, et flexibilité mentale. Les chercheurs ont également noté des différences dans la structure de l’hippocampe, la partie du cerveau qui régule l’apprentissage, la mémoire et l’émotion.

Sur la base de ces résultats, ils recommandent d’associer au traitement classique de l’obésité infantile une thérapie ayant pour objectif la stimulation de la fonction cérébrale.


Le gène muté KSR2 augmente l'appétit

Une étude de l'université de Cambridge, publiée en octobre 2013 dans la revue Cell, identifie la racine génétique d’un appétit insatiable et d’un métabolisme lent chez certains jeunes patients obèses.

L'étude a séquencé le génome de 2.101 patients atteints d’obésité sévère précoce et identifié des mutations dans un gène particulier, KSR2, qui vont augmenter l'appétit et ralentir le métabolisme.

La découverte de ce nouveau gène de l'obésité, KSR2 fournit également de nouveaux indices sur le développement précoce de l'obésité.

Des expériences sur les cellules avaient déjà montré que les mutations de KSR2 altèrent le métabolisme du glucose et l'oxydation des acides gras. Les patients porteurs présentent une hyperphagie, une résistance à l'insuline et un métabolisme réduit.

Les enfants obèses porteurs de ces mutations dans KSR2, montrent une augmentation de l'appétit, une faible fréquence cardiaque, un ralentissement du métabolisme et une résistance élevée à l’insuline.


Identification d’une prédisposition génétique à l'obésité infantile commune

Une méta-analyse de 14 études antérieures, menée par des chercheurs de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie, cofinancée par les National Institutes of Health (NIH) et publiée en avril 2012 dans Nature Genetics, a identifié 2 nouveaux gènes qui mutés, sont associés à l’obésité infantile commune. L’étude, menée par un groupe international, le EGG Consortium rappelle que si les facteurs environnementaux, tels que les choix alimentaires et la sédentarité contribuent aussi à l'obésité dans l'enfance, les adolescents obèses ont un risque plus élevé de mortalité à l'âge adulte.

La méta-analyse a ainsi inclus 14 études génomiques couvrant 5.530 cas d’obésité infantile et 8.300 sujets témoins, tous d'ascendance européenne. Deux nouvelles variantes ont été identifiées, l'une au sein du gène situé sur le chromosome 13 OLFM4, l'autre au sein du gène sur le chromosome 17 HOXB5 et l’implication moins importante de deux autres variantes génétiques.

Ce travail ouvre de nouvelles voies à explorer dans la génétique de l'obésité infantile commune et ces premiers résultats peuvent déjà contribuer à concevoir de futures interventions de prévention et des traitements pour les enfants, en fonction de leurs génomes individuels.


Prévenir l’épidémie d’obésité de l’enfant

Le surpoids et l’obésité, aussi bien que les maladies non transmissibles qui les accompagnent, sont dans une grande mesure évitables.

La prévention constitue le meilleur moyen d’enrayer l’épidémie d’obésité de l’enfant. Le but de la lutte contre l’obésité de l’enfant consiste à atteindre un équilibre énergétique susceptible d’être maintenu pendant toute la vie de l’individu.

La compréhension de ce qui constitue un poids santé et savoir comment maintenir ce poids est un processus qui devrait commencer durant la grossesse et se poursuivre tout au long de la vie.

Parmi les habitudes familiales saines, on retrouve la consommation d'aliments qui sont plus nutritifs et plus faibles en gras et en sucre; prendre régulièrement un petit-déjeuner; faire plus d'activité physique; regarder moins de télévision; dormir suffisamment; et allaiter. Il est également important de respecter l'appétit naturel des enfants en ce qui concerne la quantité de nourriture ingérée, particulièrement lorsqu'ils sont très jeunes. Les diètes imposées et le gavage ne respectent pas les signes naturels de faim et de satiété de l’enfant, et engendrent souvent un apport calorifique plus élevé. Une alimentation équilibrée avec quatre repas par jour, le goûter permettant de patienter jusqu’au repas du soir.


4 règles pour maigrir et se sentir mieux de la méthode “Papillote”

Le Dr Vincent Boggio du CHU de Dijon a élaboré une méthode à l'intention des parents et de leur enfant en surpoids.

1) Ne pas se resservir.
2) Manger uniquement pendant les repas.
3) Marcher 30 minutes par jour.
4) Ne jamais être seul(e) à la maison.

Ces 4 règles sont simples et doivent être respectées à la lettre. Aucun écart n'est autorisé. Il ne faut pas essayer de "limiter" ou "éviter", mais suivre rigoureusement l'ensemble de ces 4 consignes, et systématiquement tous les jours. L'enfant doit certes être aidé par ses parents, mais doit aussi bien comprendre les règles et l'impossibilité d'y déroger. En contrepartie, aucun aliment n'est interdit, ni inversement imposé.


Quelques conseils pour manger de façon saine et équilibrée

* Éviter de sauter des repas, surtout le petit déjeuner.

* Essayer d'inclure des aliments provenant de trois ou quatre groupes alimentaires (pains et céréales, fruits et légumes, viande et substituts, lait et produits laitiers) dans chaque repas. Planifier les repas et les collations pour y inclure une variété d'aliments nutritifs et savoureux.

* Limiter la taille des portions des collations (maximum 1 à 2 collations par jour.) Choisir des fruits frais et du yogourt ou du fromage, un muffin ou des céréales et du lait, la moitié d'un sandwich, des craquelins et du fromage.

* Laisser l’enfant savourer ses aliments préférés avec modération sans se sentir coupable. Choisir des collations à faible teneur en calories (maximum 1 à 2 collations par semaine).

* Éviter de consommer autre chose que des fruits après souper afin que l'enfant ait faim au petit déjeuner.

* Choisir des boissons sans sucre. Éviter les boissons gazeuses régulières, le jus, les breuvages aux fruits et les eaux parfumées régulières. Toute boisson sucrée doit être considérée comme un aliment solide.

* Parallèlement, surveillez les apports en oméga-6, que l'on consomme en excès, en regard des oméga-3. Ce déséquilibre semble être l'un des facteurs expliquant l'augmentation de l'obésité infantile. Il suffit tout simplement de diminuer la consommation des principaux vecteurs: huiles de tournesol et de pépins de raisin, mais surtout préparations industrielles et gâteaux du commerce. 


Encourager l'activité physique de l'enfant

Le surpoids et l'obésité peuvent venir d'une mauvaise alimentation mais aussi d'un manque d'activité physique. Pour cette raison, il est important de vérifier que l’enfant ne passe pas trop de temps devant la télévision ou les jeux vidéo.

Marcher est l'activité la plus naturelle de l'enfant. Il doit donc cumuler un minimum de 30 minutes de marche par jour. En parallèle, il peut regarder la télé ou faire des jeux sur l'ordinateur, à discrétion de ses parents, évidemment.

L'activité physique est tout aussi importante que l'apport en calories. Les enfants (et les adultes aussi) doivent être plus actifs, non seulement pour contrôler leur poids, mais pour leur santé et leur bien-être en général.

* Encourager l’enfant à pratiquer une activité physique vigoureuse pendant 20 à 30 minutes, quatre à cinq fois par semaine (après consultation avec le pédiatre.)
* Choisir une variété d'activités que l’enfant aime pratiquer.
* Choisir des activités pouvant être pratiquées près de la maison, comme la marche, le vélo, la danse ou les jeux à l'extérieur.
* Limiter la télévision, les jeux vidéo et les jeux sur ordinateur à 1 ou 2 heures par jour. La plupart des médecins recommandent moins de deux heures par jour. Au besoin, sortir le téléviseur de la chambre de l’enfant pour en limiter l'utilisation. Une étude démontre que les enfants qui ont un téléviseur dans leur chambre regardent près de cinq heures de télé de plus que ceux et celles qui n'en ont pas.
* Donner le bon exemple  être actif avec l’enfant.

Plusieurs principes parentaux devraient être appliqués pour corriger les comportements alimentaires et d'activité physique

L'alimentation, l'activité physique et les modifications de comportement sont plus efficaces quand toute la famille est impliquée.

Trouver des raisons de féliciter l’enfant de son comportement

* Offrir des récompenses pour les modifications positives du comportement. Ne jamais offrir de nourriture en récompense.
* Établir des heures fixes pour les repas et les collations.
* Déterminer quels aliments sont disponibles et quand. Laissez l’enfant décider s'il mange ou non.
* Offrir seulement des choix santé.
* Retirer les tentations.
* Donner l'exemple.
* Être constant.

En conclusion, parents et enfants sont impliqués et c'est ensemble qu'ils gagneront une perte de poids et qu'ils savoureront un nouveau bien-être.


La réduction de l'obésité infantile nécessitera un effort global

Pour enrayer l’épidémie d’obésité de l’enfant il faut un engagement politique soutenu et la collaboration de nombreux intervenants publics et privés.

Les gouvernements, les partenaires internationaux, la société civile, les ONG et le secteur privé ont des rôles vitaux à jouer pour créer des environnements sains et faire en sorte que les options alimentaires plus saines proposées aux enfants et aux adolescents soient abordables et facilement accessibles.

* Mettre sur pied des programmes scolaires complets sur la santé qui traitent de sujets comme vivre sainement et manger sainement et qui comprennent des cours d’éducation physique.

* Mettre sur pied des initiatives communautaires comme l’éducation sur la nutrition dans les épiceries et les restaurants, la création de jardins communautaires et de sentiers de marche, et l’amélioration de la sécurité du quartier.

* Planifier l’aménagement du territoire et du transport de façon à encourager les moyens de transport actifs comme la marche et la bicyclette, au lieu de la dépendance sur les automobiles.

* Adopter des options de taxation comme des impôts fonciers qui découragent l'étalement urbain et une «taxe de découragement» sur les aliments dont la teneur calorifique est élevée et qui contiennent peu de nutriments.

* Réglementer la publicité qui entoure la malbouffe et les autres aliments à haute teneur calorifique ainsi que la commercialisation de ces aliments.


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